Essouflée, elle avait ouvert la porte de la cabine à toute volée, et dans un
tchèque approximatif elle avait marmoné quelque-chose comme : " Je tady volno? "
La place était libre, oui, répondit en anglais la jeune femme qui lisait un roman russe.
Elle avait rangé toutes ses affaires, s'était débarrassé de son écharpe, ses gants, son bonnet et de son manteau, remplissant la cabine de son agitation fébrile. Sa respiration était encore
haletante, elle lancait des regards par la fenêtre du train et à travers la vitre de la porte de la cabine. Elle sortit nerveusement un carnet de son sac à dos, le feuilleta. Elle eut un dernier
regard inquiet en direction du quai maintenant désert.
Le train partit.
Par Erell Piette
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